Histoire de l’orgue

Les origines

orguevue generale du bas Joinville possède un des rares instruments de la fin du 17ème conservé dans le département. Datant de 1688, cet instrument est l’oeuvre du facteur Louis Le bé résidant à Troyes (WassyChaource, Meuvy), conçu initialement pour le Palais des Comtes de Champagne à Troyes puis racheté par la ville de Joinville en 1698.

« Les nouvelles orgues furent placées à Notre-Dame au mois d’août 1698. Les matériaux avaient été achetés à Troyes; un organiste de Ligny les contrôla. »   cf E. Humblot, L’Eglise Notre-Dame de Joinville, Bar-le-Duc, Imprimerie  Jolibois, 1971 page 64

La tribune de Joinville est la plus ancienne du département (1544/1568)

 

Description de l’orgue de 1688

 detail angeIl s’agissait à l’époque d’un orgue à buffet unique correspondant aujourd’hui à celui du grand-orgue et renfermant 15 jeux (Montre 8′, Bourdon 8′, Prestant, Cornet, Flûte 4′, Nazard, Doublette, Tierce, Larigot, Fourniture III, Cymbale III, Trompette, Cromorne, Voix Humaine et à l’écho un petit cornet avec un pédalier en tirasse)
Le sommier était à doubles gravures pour permettre d’avoir grand-orgue et positif. Certains de ces jeux se jouaient aussi bien sur le G.O. que sur le P.O. (Bourdon, Prestant, Cornet). Le Cromorne lui ne se jouait que sur le P.O. « pour servir lorsque l’on joue les dialogues sur les grand jeux, ce qui fait un effet comme d’un positif et d’un grand-orgue ».

 

Description de l’orgue actuel

orgue faceLe mobilier (6 Janvier 1970) et l’instrument (25 Février 1974) sont classés au titre de Monuments Historiques.
Au cours des siècles l’orgue est passé entre les mains de différents facteurs (J.Cochu, J.Richard, Gavot, Lété, Georgel) ce qui lui valu un certain nombre de modifications plus ou moins importantes. Le devis du 30 Mars 1978 des Ets J.G. et Y.Koenig de Sarre-Union est approuvé par la Commission supérieure des Monuments Historiques le 6 octobre 1978.
Un positif de dos intégralement neuf est rajouté ainsi qu’un pédalier en chêne de type français (mi-courtes) et d’un pédalier en chêne de type allemand mis à la disposition de l’exécutant.

 

Les étapes de la restauration

  • 1764 Jean Richard (Troyes)

Construction (probablement) d’un positif de dos

  • 1794 L’orgue échappe aux destructions révolutionnaires
  • 1837 Jean-Baptiste Gavot (Bourbonne)IMG_1834

Reconstruction du sommier et de la mécanique du grand-orgue et, faits à neuf, un écho ainsi qu’une soufflerie et quelques jeux.

  • 1846-47 Nicolas Antoine Lété (Mirecourt)    

Création d’un positif plus important et suppression de l’ancien

  • 1907-08 Jacquot

Soufflerie neuve

  • 1951-52 Louis Georgel (organiste de l’église)

Transformation radicale de l’instrument en lui donnant une esthétique « néo-classico-symphonique-à-tout (mal !) jouer »

  • 1980-82 JG & Y. KoenigIMG_1820

Restauration complète. Les jeux neufs sont des copies des jeux Le bé de Chaource et Wassy. Décapage du buffet Louis XIV et construction d’un positif neuf dans le même style.

Inauguration par André Isoir.

2013 Y. Koenig

Relevage.

 

Caractéristiques de l’orgue Le Bé (Y.Koenig)

  1. Les tuyaux ont des bouches très larges, proches du tiers, voire de la moitié de la circonférence. (Particularité des orgues  Gottfried Silbermann)
  2. Les tailles sont loin d’être standardisées dans ces trois instruments (Joinville/Chaource/Wassy) montrant le souci du facteur de les élaborer en fonction du lieu.
  3. La composition du plein-jeu ne répond pas toujours aux critères habituels. Les reprises ne se font pas sur les Fa mais les Fa dièses ou Sol.
  4. Le diapason est de 430 Hz correspondant au « Ton de l’opéra » (ce qui s’explique pour un palais, lieu d’origine de l’orgue) alors que les instruments de Wassy  et Chaource sonne au « Ton de Chapelle »

 La sonorité   « Eclatante  » de l’orgue bénéficie  à Joinville d’une acoustique généreuse.

vue haute

Orgue en Champagne-Ardenne , Haute-Marne(vol.4),Ministère de la culture, imprimerie D.Guéniot (Langres)   François OTTO

L’ensemble de ces informations revient à Jean Marie MEIGNIEN [Technicien conseil auprès de la commission supérieure des monuments historiques] et de son remarquable travail autour des orgues Louis Le bé.

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